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Discours d’Emmanuel BERTHIER, préfet de la Moselle, à l’occasion des obsèques de Mme Anne GROMMERCH

 
Discours d’Emmanuel BERTHIER, préfet de la Moselle, à l’occasion des obsèques de Mme Anne GROMMERCH

Discours d’Emmanuel BERTHIER, préfet de la Moselle, à l’occasion des obsèques de Mme Anne GROMMERCH, maire de Thionville, le 20 avril 2016.

Monsieur le Premier ministre,

Mesdames et messieurs les ministres,

Mesdames et messieurs les parlementaires,

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames et messieurs les officiers généraux, magistrats, chefs de services de l’Etat et des collectivités territoriales,

Mesdames et messieurs,

Nous sommes réunis aujourd’hui, famille, amis, collègues élus, représentants de l’Etat, pour honorer la mémoire de Mme Anne GROMMERCH, députée de la Moselle, Présidente de la communauté d’agglomération Portes de France Thionville et Maire de Thionville.

Je crois que notre présence en nombre ici, tout comme celle de la foule qui entourait tout à l’heure l’église Saint-Maximin, est le signe de la place éminente qu’Anne GROMMERCH occupait dans la vie politique de notre département, dans notre vie tout court.

Il est des femmes et des hommes qui vous marquent dès la première rencontre.

Anne GROMMERCH faisait clairement partie de cette catégorie d’être d’exception.

Ayant pris mes fonctions au début de cette année, c’est tout naturellement que j’ai rencontré au mois de janvier, dans le cadre d’une visite protocolaire, la députée maire de Thionville.

Anne GROMMERCH m’a reçu simplement, longuement pour me faire partager sa vision de l’avenir de ce morceau de Lorraine qu’elle aimait tant.

Elle m’a expliqué sans fard sa maladie qui tentait de reprendre l’avantage, sa détermination de la vaincre à nouveau.

Mais surtout elle m’a dit ses convictions profondes de femme politique engagée, croyant par-dessus tout, aux vertus du dialogue entre les peuples européens et au sein de notre République.

J’ai rencontré une femme pleine d’esprit, d’une énergie incroyable, abordant les dossiers de son territoire avec pugnacité.

Rien ne semblait pourtant la prédestiner à une carrière politique.

Entrée dans la vie professionnelle en 1991, d’abord dans le secteur automobile au Luxembourg, prenant ensuite des responsabilités très lourdes dans un groupe mondial de distribution alimentaire, toujours au Luxembourg, elle trouve néanmoins le temps d’être élue conseillère municipale à Roussy-le-Village, son village.

Passionnée par la chose publique, elle accepte de devenir suppléante du député Jean-Marie DEMANGE.

Au décès de celui-ci, elle décide de ne pas se dérober, de se consacrer à temps plein à la vie politique, elle qui aimait les gens et souhaitait travailler à l’amélioration concrète de leur vie quotidienne.

Anne GROMMERCH était une femme qui avait l’obstination de faire, de réaliser, de bâtir.

Elle a défendu les intérêts de sa ville et de son département, tant au niveau local qu’au niveau national avec passion.

A l’Assemblée nationale, elle s’imposait par son caractère et son franc-parler.

Elle était reconnue pour ses compétences sur les sujets de coopération transfrontalière : la mobilité , le développement de la formation professionnelle, l’accès aux soins à l’étranger, la formation de personnels d’aide-soignants ou d’infirmiers en France, sont autant de sujets qu’elle suivait avec passion.

Elle participait assidûment aux conférences inter-gouvernementales entre la France et le Luxembourg

Nous sommes très sensibles à votre présence monsieur le Premier ministre, madame la ministre de la Grande Région.

Elle s’est investie avec conviction dans le pôle métropolitain du « sillon Lorrain », pour lequel elle avait animé la candidature, couronnée de succès, de LorNtech.

Elle aimait les gens, et parlait avec fierté de la Maison de l’emploi, qui a permis à des dizaines de Thionvillois de sortir du chômage – un autre de ses combats majeurs.

Anne GROMMERCH avait une envie de convaincre peu commune et une capacité à mobiliser les soutiens enviable.

Je l’ai vu à l’œuvre, lors de la venue du délégué interministériel à la sécurité routière pour obtenir des radars en centre-ville de Thionville, révoltée qu’elle était par les accidents de la circulation qui avaient coûté la vie à plusieurs piétons.

Il n’y avait pas de « petit sujet » ou de « petit dossier » pour cette battante qui avait su garder intacte sa faculté d’indignation.

Aujourd’hui nous sommes réunis pour rendre hommage à une femme qui a servi notre République, dans des fonctions locales et nationales, toujours avec le même objectif : la recherche de l’intérêt général.

Anne GROMMERCH s'est engagée jusqu'à son dernier souffle.

Anne GROMMERCH aurait pu faire sien ce précepte d’Albert CAMUS dans L’Envers et l’endroit : « La vie est courte et c'est péché de perdre son temps. Je suis actif, dit-on. ».

Elle n’a pas perdu de temps.

Elle a su mener de front plusieurs vies : sa vie d’élue, sa vie d’épouse et de mère.

A son mari et à ses enfants, à ses parents, à ses beaux-parents, à son frère et à sa sœur, j’adresse toute ma sympathie et leur dis ma tristesse de perdre une élue si digne de sa fonction.

Je m’incline avec respect devant la mémoire d’Anne GROMMERCH, une femme trop vite arrachée aux siens, aux Thionvillois, à vous tous, mesdames et messieurs les élus, ses collaborateurs, ses amis.

Puisse ce modèle de courage nous inspirer et guider notre action dans les fonctions qui sont les nôtres, au service de l’intérêt général et de nos concitoyens.