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Cas de peste porcine africaine sur des sangliers en Belgique : la DDPP mobilisée

 
 
Cas de peste porcine africaine sur des sangliers en Belgique : la DDPP mobilisée

La présence de la peste porcine africaine (PPA) en Belgique a été confirmée le 13 septembre 2018, à une dizaine de kilomètres de la frontière avec la France. Des premières mesures de surveillance et de lutte ont été immédiatement mises en place par les autorités sanitaires de ce pays.

Au 05 octobre 2018, le nombre total de cas déclarés par la Belgique était dequarante-quatre cas de peste porcine africaine (PPA) chez des sangliers dans le Sud-Est du pays tous concentrés dans une zone de 2500 hectares.

Il ne semble pas y avoir, à l’heure actuelle, de dispersion du virus au-delà de la zone dans laquelle il a été découvert.

Même si le mode d’introduction de la PPA en Belgique n’est pas élucidé à ce jour, l’hypothèse la plus probable est la contamination de sangliers sauvages par des produits alimentaires à base de porc ou de sanglier infecté, comme cela a été suspecté dans d’autres pays européens récemment. Les activités humaines représentent le risque majeur de diffusion à moyenne ou longue distance de la PPA, que ce soit pour la faune sauvage ou l’élevage de porcs.

Des analyses génétiques sont également en cours en Belgique afin d’écarter l’hypothèse, peu probable mais souvent colportée, d’importations illégales de sangliers.

Cette maladie est propre aux suidés (porcs, sangliers) et n’infecte pas l’homme, y compris en cas de consommation accidentelle de viande provenant d’un animal en incubation de la maladie.

La maladie est rapidement mortelle pour les animaux atteints, et il n’existe ni traitement, ni vaccin. Le virus se diffuse rapidement entre individus en contact étroit, mais relativement lentement entre populations plus éloignées les unes des autres. Il est très résistant dans le milieu extérieur, raison pour laquelle des précautions importantes doivent être prises avant toute manipulation d’une carcasse.

Détruit par une cuisson prolongée, le virus résiste en revanche à une cuisson courte, ainsi qu’aux opérations de salaison. C’est la raison pour laquelle la distribution de restes de repas et de déchets de cuisines aux suidés domestiques et sauvages est strictement interdite en France, et ce depuis de nombreuses années.

Par ailleurs, en quelque lieu que ce soit, par exemple sur les lieux de piques-niques ou sur les aires d’autoroute, tous les déchets alimentaires doivent être déposés dans des contenants inaccessibles à la faune sauvage (mammifères et oiseaux).

En cas d’atteinte du territoire national, les conséquences économiques seraient majeures pour la filière porcine structurellement fragilisée par des cours soumis à des fluctuations fortes, étroitement dépendantes des débouchés européens et internationaux, et des marges bénéficiaires réduites qui offrent peu de sécurité aux exploitations en cas de crise.

En France la vigilance est maximale, et une zone d’observation renforcée (ZOR) a été mise en place dans les trois départements frontaliers avec la Belgique (Ardennes, Meuse et Meurthe-et-Moselle), en regard de la zone belge infectée, sur une profondeur d’environ 15 kilomètres par rapport à la frontière.

Dans cette zone l’État a mis en place, avec le concours de l’ensemble des acteurs de l’élevage, de la chasse et de la nature, des mesures fortes de prévention et de surveillance : recensement de tous les détenteurs de suidés (porcs, sangliers) ainsi que des enclos et parcs de chasse, renforcement des mesures de biosécurité en élevage et confinement systématique des porcs élevés en plein-air, suspension temporaire de la chasse et des activités forestières, recherche active de cadavres de sangliers et analyse systématique des carcasses retrouvées.

A cet effet, l’État a notamment mis en place un numéro vert permettant à toute personne ayant connaissance du lieu où se trouve un cadavre de sanglier de signaler celui-ci aux services chargés de réaliser les prélèvements.

Ce numéro vert est le suivant : 0800 73 08 40

Au-delà de la zone d’observation renforcée, le reste des départements des Ardennes, de la Meuse et de la Meurthe-et-Moselle, ainsi que la totalité du département de la Moselle sont classés en zone d’observation « simple ».

Dans cette zone, la Direction de la Protection des Populations (DDPPDirection départementale de la protection des populations) a procédé au recensement systématique des détenteurs de suidés, des enclos et parcs de chasse. Elle a informé les éleveurs de porcs du département de la Mosellede la nécessité de renforcer les mesures de biosécurité en élevage. Parallèlement, le réseau SAGIR chargé de la surveillance des pathologies animales dans la faune sauvage, a été renforcé avec la prise en compte de la situation dans les analyses de risque.

Dans les deux zones, la coopération active et proactive des acteurs locaux, au premier rang desquels les municipalités sollicitées pour relayer l’information et apporter leurs concours au recensement des détenteurs de suidés, constituera un facteur déterminant pour la prévention et, le cas échéant, la lutte contre cette maladie sur le territoire national.

La peste porcine africaine est également présente dans d’autres régions et pays d’Europe et du monde :

– Europe hors UE : Russie, Ukraine, Géorgie ;

– Union Européenne : Lettonie, Lituanie, Estonie, Pologne, République tchèque, Hongrie, Roumanie, Bulgarie et Italie (Sardaigne uniquement) ;

– le territoire chinois a été atteint à partir de la Russie dans le courant du mois d’août dernier ;

– le virus est très répandu en Afrique mais ne provoque pas de maladie chez les suidés sauvages africains (phacochères, potamochères).

Il est instamment demandé à toute personne voyageant en provenance de ces pays de ne pas rapporter sur le territoire national de denrées alimentaires contenant, même en faibles quantités, de la viande de porc ou de sanglier.

Pour en savoir plus :http://agriculture.gouv.fr/mots-cles/peste-porcine

DDPP Peste